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Bonjour,
Nous sommes à deux mois de la Première de La Faculté des rêves de Christophe Rauck. Toute l’équipe artistique est en répétition à Paris avant d’investir prochainement le plateau à Lille.
Avec Géraldine Serbourdin, professeure missionnée, nous vous proposons donc de parcourir les grandes thématiques de cette création et les enjeux pédagogiques : le féminisme, l’art, le pouvoir, le désir…
Autant de clés de compréhension pour aborder un texte contemporain en classe avec vos élèves.
Sachez également qu’en partenariat avec le réseau Canopé, Carine Capone, professeure de lettres, vous proposera prochainement un dossier Pièce démontée pour approfondir en classe avant et après le spectacle.
Toute l’équipe des relations avec les publics est à votre disposition pour échanger autour de cette création-maison. Il nous reste à ce jour quelques places disponibles pour des réservations scolaires.

Au plaisir de vous retrouver prochainement,
 
Les R.P.
 
PS : Rendez-vous le mardi 3 décembre de 17h à 19h au Théâtre du Nord pour un rendez-vous pédagogique : "Comment travailler un contemporain en classe".

« Vivre dans cette société, c’est au mieux y mourir d’ennui », écrit Valerie Solanas dans le pamphlet SCUM Manifesto, pamphlet coup de poing appelant à la rébellion des femmes et à l’éradication des mâles. Fascinée par cette artiste sans concessions, connue pour sa tentative d’assassiner Andy Warhol, Sara Stridsberg évoque dans son roman, La Faculté des rêves, la personnalité complexe et tourmentée de cette femme à la croisée des chemins entre combat féministe et engagement artistique.

À partir de ce texte adapté pour la scène, Christophe Rauck, pour reprendre les mots de l’autrice suédoise, part à la recherche du « paradoxe » Valerie Solanas. Pour dire sa langue insensée et le désir brûlant de « la ramener à la vie et de la laisser vivre à jamais».
 

La Faculté des Rêves
Texte : Sara Stridsberg
Mise en scène : Christophe Rauck

Du 15 au 30 janvier, au Théâtre du Nord, Lille

I  - LE MATÉRIAU, LES LECTURES ET RÉÉCRITURES
 

Un personnage réel, des faits qui ont existé
Au départ, il y a Valerie Solanas, féministe radicale qui tenta d'assassiner Andy Warhol en 1968 après avoir écrit le SCUM Manifesto, un pamplet dans lequel elle prône la destruction du genre masculin.
 

Un roman, fantaisie sur un destin
 Ensuite, il y a Sara Stridsberg, autrice suédoise née en 1972 qui fait roman de ce matériau. Elle en dessine une fantaisie romanesque qui ne se veut pas fidèle à la vie de Valerie Solanas, c’est une fiction sur un personnage qui a impressionné la romancière par la vigueur de son style, les paradoxes qu’elle revêt, son engagement et le symbole d’un mouvement féministe.
 

 ● Une pièce de théâtre adaptée du roman
Ensuite encore, il y a l’adaptation du roman par Lucas Samain, auteur issu de la Promo 5 de l'École du Nord.
 
Christophe Rauck
La mise en scène de la pièce

Enfin, il y a la mise en scène de Christophe Rauck, sa création qui est une lecture de cette œuvre.

Il est donc intéressant de faire des recherches d’ordre biographique avec les élèves sur Valerie Solanas, sur Andy Warhol, sur Sara Stridsberg, sur Lucas Samain et sur Christophe Rauck de façon à proposer une circulation dans l’œuvre et un cheminement dans les différentes strates qui constituent la proposition finale.

Voir avec une classe la genèse du projet pour analyser les différentes étapes d’une création.

Lectures conseillées
II. LES THÉMATIQUES

Le féminisme, les femmes, les liens mère/fille, l’homosexualité féminine


Non seulement le personnage principal est une féministe radicale, mais l’ensemble de la pièce réinterroge en permanence les rapports hommes/femmes, la domination masculine. Tout en remettant dans une perspective historique les propos tenus, il est intéressant à l’heure de «l’après #metoo» de retraverser l'histoire des revendications féministes, l’évolution, les victoires, les défaites et la régression dans certains aspects de la lutte féministe.

Lectures conseillées
Mes bien chères sœurs, Chloé Delaume




Les rapports mère/fille

Dans la mesure où de nombreuses scènes mettent en présence Valerie et sa mère Dorothy,  leurs rapports sont intéressants à étudier dans la complexité du lien fusionnel qu’elles entretiennent.

En prolongement, les séries Shameless, Absolutly fabulous
Les pièces de J.Pommerat dans le recueil Cet enfant
Le film de M. Haneke d’après le roman de E.Jelinek, La pianiste

 
 
L’homosexualité féminine
 
Le couple formé par Valerie et Cosmogirl,
les références au manifeste SCUM qui prône l’éradication
des hommes, la relation de séduction de Valerie
avec Cooker, la psychologue, la relation avec la mère,
sont autant de supports pour travailler la relation aux
femmes, le lien de sororité, la relation amoureuse,
le statut du couple homosexuel.

Parcours de lectures :
Ecoute la ville tomber, Fracassés, K.Tempest
4.48, Psychose, S.Kane


 

L’art, la création, le monde des artistes, le pop art, le monde de l’édition, les écrivains.
 

« Les mots flashent en toi …il y a cette clairvoyance dans tes textes, cette irritation, tu écris comme si la machine était une extension de tes bras »
(La Narratrice, p 63)
Valerie décrète très tôt vouloir devenir écrivain, elle écrira une pièce de théâtre et un manifeste, elle côtoiera un artiste, Andy Warhol, un éditeur, participera à un film : autant d’éléments qui permettent d’étudier et d’analyser les propos tenus sur le monde de la création, les difficultés inhérentes au statut d’écrivain. De la réplique récurrente de Valerie « je serai écrivain»  à la fierté de sa mère Dorothy,  jusqu’aux scènes d’échanges avec Andy Warhol, le texte accorde une place importante à cet aspect du personnage.

Il faut également souligner la présence de la narratrice dans le corps même de la fiction, ce qui suggère aux lecteurs et spectateurs une réflexion sur le statut du réel, du fictionnel, et une analyse des liens qu’entretient un auteur avec son objet de création (cf : la remarque de Sara Stridsberg dans la postface sur l’aspect douloureux de l’écriture d’un texte qui prend pour objet une destinée malheureuse)

Le pouvoir, le pouvoir de l’argent, des hommes, les abus de pouvoir, la prostitution
 «  Tu sais que la virilité est une déficience organique ? » Valerie, p 35

Le pouvoir de l’argent est dénoncé tout au long de pièce, que ce soit par l’inscription de la protagoniste dans une famille modeste, les allusions aux difficultés financières pour suivre des études, la nécessité de se vendre revendiquée par les deux femmes, Valerie et Cosmogirl, les tractations avec l’éditeur, les remarques sur le goût immodéré de l’argent pour Andy Warhol.

Parcours de lecture :
Folle, Putain, N.Arcan

 

  ● L’univers psychiatrique, les psychologues, la psychologie, les hopitaux psychiatriques
 
Il est à souligner que Valerie suit des cours de psychologie, qu’elle diagnostique autant que la psychologue à qui elle a affaire, que les concepts analytiques ne lui sont pas étrangers et que son comportement joue avec les codes en général et les outils d’analyse en particulier.
Elle se joue des protocoles d’interrogatoire au tribunal comme de ceux des entretiens avec les psychologues. Elle se livre à une déconstruction systématique des systèmes de pensées et réinterroge par cette posture les idéologies qui sous-rendent ces savoirs savants, (masculins dirait-elle) incitant par une provocation verbale, gestuelle permanente, le lecteur/spectateur à réinterroger ces dispositifs et leurs langages.


Parcours de lectures :
Le bal des folles, V.Mas
Pastorale américaine de P.Roth
Films : Camille Claudel, B Nuytten, Camille Claudel 1915,  B.Dumont,
Théâtre 4.48, Psychose, S.Kane  
III - LA MULTIPLICATION DES TEMPS ET DES ESPACES, UN DÉFI POUR LA MISE EN SCÈNE

Les espaces référentiels et les périodes se multiplient, proposant des aller-retours dans le temps et dans l’espace qui sont à la base de la structure narrative éclatée du roman et qui sont repris dans l’adaptation. Nous passons donc régulièrement de la Cour d’assises de Manhattan à New York, en 1968, à l’été 1945, et les années suivantes en Géorgie, à Ventor, ville de l’enfance de Valerie. Nous sommes à l’université du Maryland en août 1962 pour ses études, puis à la Factory avec Andy Warhol en 1967. Sans compter les moments de décrochage chronologique pour des scènes non datées entre la Narratrice et son personnage.
Jeu sur les espaces-temps qui est un réel défi pour la mise en scène et sur lequel il serait intéressant de questionner les élèves, de recueillir leurs hypothèses.
Warhol et Basquiat
Carlos Santos, Delphine Seyrig et Agnès Varda lors d’une manifestation féministe, 1972
Delphine Seyrig lit Scum manifesto de Valerie Solanas (Exposition Les muses insoumises,  Lam Villeneuve d’Ascq,  Juillet-Septembre 2019)
         






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