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Lettre d'information n°1

Une première lettre plutôt chargée qui tentera une mise à niveau de la communication sur les actions du collectif depuis sa création.
Bon courage ;-)

Edito

Cela fait cinq ans qu'une trentaine de membres actifs du Collectif SOS Loue et rivières comtoises s'investissent et se battent pour tenter de comprendre et de changer les comportements humains qui ont abouti à la dégradation très avancée de toutes les rivières de Franche-Comté, souvent citées naguère parmi les plus belles de France et même d'Europe.
Il a fallu tout d'abord apprendre et comprendre les mécanismes qui ont engendré une telle catastrophe, sérier les activités humaines des bassins versants les plus polluantes, tenter d'appréhender l'efficacité réelle des stations d'épuration et enfin mettre en exergue la grande fragilité des sols karstiques du massif jurassien.
En réalité un énorme travail d'audit environnemental jamais véritablement mis en œuvre dans sa globalité par les services de l'Etat et les élus pourtant en charge de ce patrimoine incomparable.

Depuis le début 2014 le nouveau Collectif Doubs Dessoubre est venu renforcer SOS LRC et plusieurs de ses membres participent à chacune de nos réunions mensuelles.

Quand bien même nous sommes encore loin du but recherché, à savoir redonner vie à nos chères rivières, nous avons maintenant suffisamment de recul pour voir qu'il nous faut inlassablement continuer dans cette voie pour faire bouger tous les acteurs concernés, susceptibles de prendre petit à petit des mesures plus respectueuses de l'environnement. Une chose est certaine, plus rien ne se fait en la matière sans que SOS LRC soit convié à participer ou à donner son avis. Mais dans le même temps nous avons pris conscience qu'il nous faut davantage communiquer et que nous devons à nos adhérents et autres sympathisants un minimum d'informations. C'est la raison d'être de ce premier numéro du « Fil de l'eau ».

 

La situation des rivières comtoises

Il n'est nul besoin d'écrire un livre sur le sujet. Le constat confirmé par les pêches électriques réalisées ici ou là est partout le même. Le Dessoubre, jusque-là épargné a été lui aussi gravement touché par des mortalités sans précédent au début 2014 . Mais comme dans d'autres rivières telle la Loue, la dégradation du milieu y était patente depuis des années avec la prolifération algale et l'effondrement des populations d'insectes aquatiques. Les populations de truites et d'ombres ont fondu comme neige au soleil depuis quatre ou cinq ans. Si les têtes de bassin, c'est le cas pour la Loue, ont été en partie épargnées, sur certains secteurs on peut parler d'hécatombe (la Loue à partir de Vuillafans et surtout à l'aval d'Ornans). Visiblement l'épizootie liée à Saprolegnia parasitica, ce dernier (Oomycète) identifié par le laboratoire de bactériologie de l'université de Neuchatel en Suisse fait toujours de nombreuses victimes. Mais pourquoi en serait-il autrement ? Avec des milieux aussi dégradés, le mauvais état physiologique des poissons résidents peut difficilement s'améliorer.

Pour la reconquête des milieux, il faut donc faire preuve de patience et surtout de pugnacité. Les rivières ne peuvent plus attendre, mais pour ce faire, il y a hélas des étapes à franchir. Chacun sait que nous ne sommes pas là face à une pollution accidentelle mais bien confrontés à une lente dégradation du milieu dont les premiers signes remontent pourtant à plusieurs décennies. Ces étapes au nombre de trois pourraient se définir ainsi :
  • Une prise de conscience collective,
  • Le choix des bonnes mesures à prendre en tenant compte de la spécificité karstique des sols,
  • Leur mise en œuvre, tout en sachant que les premiers effets bénéfiques ne seront pas immédiats.
C'est donc bien un combat de long terme que nous devons mener. A ce jour, on peut considérer que la première étape est en passe d'être atteinte. Sans la contribution de toutes celles et de tous ceux qui ont participé  aux différentes manifestations (Ornans, Goumois, Jeurre, St Hippolyte) et autres colloques ou assises qui se sont succédé depuis quatre ans, nous n'en serions pas encore là. Il convient de le souligner l’attention et le soutien des médias locaux davantage sensibilisés que par le passé sur l'état et le devenir des belles rivières comtoises

LE CHEMIN PARCOURU :
RAPPEL DE LA SITUATION JURIDIQUE

Deux plaintes européennes :
   ⁃ Auto-saisine DGE/UE,
   ⁃ Dossier franco-suisse Apron auprès du Conseil de l'Europe (Convention de Berne)
En projet : Une saisine de la DGE/UE pour dénoncer la transcription défaillante de la DCE eau 2015 en droit français.
Enfin, il convient de signaler un renfort de poids dans le domaine juridique en la personne de M Boncheix, grand juriste, qui est le nouveau président de l’association nationale Anper TOS.
 

L'AGRICULTURE DES PLATEAUX KARSTIQUES

Une ultime menace qu'il ne faut pas exclure à l'encontre de l'AOP Comté :
Avec la fin des quotas laitiers, les volumes de laits produits ont fortement augmenté.
Le CIGC (Comité Interprofessionnel du Gruyère de Comté) affiche son intention d'exporter plus  (en Chine par exemple), ce qui implique nécessairement plus d'intensification dans la manière de produire le lait en tournant le dos aux objectifs de maintien des qualités organoleptiques qui ont fait du Comté la première AOP fromagère. Une surexploitation déjà bien présente avant la fin des quotas, du terroir et des vaches Montbéliardes, est bien évidemment incompatible avec un produit d'une telle ambition qualitative. Cette fuite en avant ne sera pas à terme sans conséquence, les consommateurs finissant toujours par avoir le dernier mot.
D'autres AOC/AOP en ont fait par le passé l'amère expérience (le beaujolais village et primeur entre autres), car le retournement de tendance des marchés est souvent brutal et laisse parfois des traces profondes.

LA PRODUCTION SCIENTIFIQUE DE SOS LRC

- Travail sur l’origine des nitrates et des phosphates présents dans l’eau de la Loue qui montre le rôle majeur de l'agriculture. (Philippe Henry, maître de conférences).
- Détermination appuyée sur la littérature scientifique des "niveaux maximum en Azote et en Phosphore admissibles par les rivières karstiques"  (Victor Frossard hydrobiologiste)
- Etude sur les origines N et P dans la Loue par traçage isotopique (financée par la fondation Humus). Présentée par son auteur Victor Frossard, lors du récent colloque scientifique. Elle confirme le rôle de l’agriculture pour l’eutrophisation de la Loue.
- Travail sur les micropolluants (Drugeon et autres rivières). Il met en lumière le très grand nombre de molécules présentes dans l'eau de nos rivières. Plus que pour les seuils tolérés, il pose la question des effets synergiques possibles des molécules entre elles (effet cocktail) sur les organismes aquatiques et la santé humaine, (Gilles Sené prof. agrégé)
- Une synthèse de l’étude l’INSERME, de 1200 pages, qui montre les effets sur la santé humaine des pesticides et autres toxiques (Philippe Koeberlé médecin CHU Besançon)
- Etude sur le potentiel économique de la vallée de la Loue. Cette étude sera conduite par une étudiante de l'Université de Neufchatel".

CE QUE NOUS DEMANDONS  :      


SOS LRC demande l’application de "l’Obligation de Résultat" de la directive cadre DCE Eau 2015. Notamment de respecter les niveaux maximum admissibles par les rivières en Azote et en Phosphore, donc que l’Etat face le nécessaire pour limiter les émissions sur les bassins versants. Les premières mesures en continu réclamées et enfin installées contribueront à la connaissance des rejets et aux choix des mesures restrictives à imposer aux grands secteurs d’activités sur chaque bassin versant.
Mais Azote et Phosphore ne sont pas les seuls en cause. SOS LRC a fait 74 propositions de mesures qui concernent l'agriculture et à l'assainissement, mais aussi la filière bois (la forêt représente 30 à 40 % des territoires) l'industrie, l'hydroélectricité, la continuité écologique, etc.

Un séminaire scientifique a eu lieu les 23 et 24 avril 2015. A cette date nous n’en connaissons pas encore les enseignements tirés par les autorités. Cependant nous avons l’espoir que bon nombre des nos 74 propositions qui ont déjà beaucoup influencé les premières mesures positives pour l'agriculture, seront prises en compte .

L'INTEGRATION DE SOS LRC DANS LES DIFFERENTES INSTANCES DEPARTEMENTALES

Tout d'abord pour en avoir à maintes reprises discuté entre nous, nous mesurons parfaitement les avantages et les inconvénients d'être dorénavant associés aux différentes instances mises en place pour « sauver les rivières comtoises ».
Autrement dit, faut-il voir dans cette volonté d'ouverture  des autorités une reconnaissance du sérieux de nos travaux et de la pertinence de nos propositions, ou une façon de mieux contrôler notre « pouvoir de nuisance  vis à vis de l'establishment » ?
Il est trop tôt pour répondre à cette question mais, l'heure n'étant plus aux atermoiements, nous assumons pleinement notre position tout en restant vigilants.
Madame la Ministre de l'environnement brandissant le document de nos 74 propositions, au Sénat lors d'une question du sénateur Bourquin.

Les avancées récentes:

BARRAGES HYDRO-ELECTRIQUES DU DOUBS FRANCO-SUISSE

Des avancées significatives ont été obtenues par un nouveau par un nouveau règlement d'eau" .

Selon Christian Triboulet du Collectif Doubs Dessoubre : « Notre avis est partagé sachant que nous avons obtenu des avancées considérables sur de nombreux points concernant la gestion des éclusées, il reste encore beaucoup de travail sur des propositions techniques d'aménagement des ouvrages. Certaines de nos revendications ont été prises en compte pour le dernier palier de baisse de l'usine du Châtelot, très meurtrier, qui va nécessiter des travaux sur les turbines, ainsi que l'aménagement d'un by-pass sur la centrale du Refrain pour éviter la coupure radicale de la restitution d'eau ».
Concernant le règlement d'eau proprement dit, il nous reste plusieurs points critiques à traiter, à savoir, la gestion des débits de base sur tout le tronçon, la vitesse de baisse des éclusées dites « non démodulables » par le Refrain, la valeur du débit instantané en période de sécheresse, et l'augmentation du débit court-circuité du tronçon de la Goule.
En conclusion, nous pouvons être satisfaits de cette nouvelle réglementation qui est entrée en vigueur le 1er Décembre 2014 pour une année de test grandeur nature, mais nous devons rester vigilants et actifs concernant le suivi ainsi que les aménagements futurs des installations.

DERNIERE MINUTE :

LE TRAVAIL SUR LES POINTS NOIRS

Initié par le collectif Dessoubre un important travail a été réalisé sur les dispositifs d’épuration du bassin du Dessoubre. Il a montré des très nombreux dysfonctionnement.
(http://points-noirs.arrete.net)
Un travail similaire est en cours sur les bassins du Gland et de la Ranceuse et bientôt sur le bassin du Cusancin.
Avec FNE-FC notre ambition est de couvrir le territoire Comtois groupes de vigies que nous formerons pour réaliser progressivement un bilan des dispositifs d’épuration sur chaque bassin versant.

Ce sera le sujet principal de la lettre N°2, Nous ferons appel à vous !
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