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L'actualité du patrimoine industriel en Wallonie et à Bruxelles 
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Edito

La sauvegarde du patrimoine industriel en Wallonie plus que jamais d’actualité !
Alors que PIWB se voit supprimer (provisoirement !) sa subvention régionale !
Allez comprendre !

Cette newsletter met en exergue l’action de trois comités citoyens en province de Hainaut : à Marcinelle pour le sauvetage du haut fourneau 4 ; à Péronnes-lez-Binche pour la préservation de la tour Saint-Albert ; et à Châtelet-Bouffioulx pour la sauvegarde des dernières poteries. Il va sans dire que le patrimoine industriel est plus que jamais d’actualité alors que les derniers vestiges d’une longue et glorieuse histoire industrielle risquent de disparaître. Ces actions ne sont pas encore assez entendues par les pouvoirs publics qu’ils soient locaux ou régionaux.
Pourtant, la déclaration de politique régionale affirme (page 77) que l’intention du nouveau gouvernement wallon est « d’intégrer davantage dans les politiques du patrimoine, le renouveau des centres des villes et communes et la réaffectation du patrimoine industriel classé ». C’est peut-être là où la première difficulté existe car le classement de vestiges de l’industrie lourde comme un haut fourneau ou une tour d’extraction exige de nombreuses considérations de tous ordres. L’Administration régionale (direction du Patrimoine) a-t-elle les moyens humains et matériels d’instruire ces dossiers lourds, sans jeu de mots ? Quant à la volonté politique, chacun d’entre nous est libre d’en juger ! Les moyens financiers ne peuvent qu’en découler !
Précisément, PIWB s’est vu supprimer sa subvention annuelle régionale par une décision arbitraire du ministre du Patrimoine. Ce dernier a certainement été mal informé du travail accompli par notre ASBL ces dernières années, notamment en partenariat avec l’Institut du Patrimoine wallon. Le Ministre-Président a demandé à son collègue de revoir sa décision. Nous remercions également tous ceux, notamment les députés wallons, qui appuient cette démarche pour nous redonner les moyens de notre action particulièrement en cette Année européenne du Patrimoine industriel et technique.
 
PIWB essaiera malgré tout de continuer à jouer son rôle de sensibilisation en Wallonie et à Bruxelles, ainsi que d’assumer sa présence dans les conférences internationales comme prochainement lors du XVIe Congrès du TICCIH à Lille du 6 au 11 septembre: http://ticcih-2015.sciencesconf.org/  Invitation à tous.
 
Enfin, il nous est particulièrement pénible de terminer cette newsletter par l’annonce de 2 disparitions de militants du patrimoine industriel et social, l’artiste Calisto Peretti et l’historien Bert Van Doorslaer. Nous témoignons à leur famille toute notre reconnaissance.
 
Jean-Louis Delaet
Président de PIWB
 


En Wallonie


Charleroi : le haut fourneau 4 n’est pas encore sauvé, mais nous avançons dans le bon sens ! 

Dans la foulée de l’action citoyenne de sensibilisation à la préservation du haut fourneau 4, la commission mise sur pied par la Ville de Charleroi  a travaillé dur pour finaliser le rapport qu’elle devait remettre au Collège des Bourgmestre et Echevins.  Celui-ci s’est montré favorable aux conclusions du dit rapport et a mandaté les membres de la commission pour effectuer des études complémentaires, à propos des éléments périphériques incontournables au haut fourneau, ainsi que d’autres édifices ou machines jugés intéressants au niveau patrimonial.
 
Le rapport a été présenté aux membres de la Commission Consultative d’Aménagement du Territoire qui l’a également accueilli favorablement. Il a ensuite été présenté aux responsables de Duferco Développement, en charge du site de Carsid. Il semble bien que Duferco prenne en compte la volonté de préserver le HF 4. Reste que la firme entend bien valoriser certains éléments de l’édifice en les revendant au plus offrant. Toutefois, elle se dit consciente que l’enlèvement de plusieurs pièces importantes risque de porter atteinte à l’intégrité de l’ensemble et pourrait en négocier le prix avec les pouvoirs publics pour que ces éléments ne soient pas démontés.
Le montant de la somme n’est pas encore fixé, mais on sait déjà qu’il sera difficile, en ces temps de disette budgétaire, d’affecter des fonds important pour ce patrimoine. Il faudra donc tenter de négocier ! La Ville de Charleroi propose de geler la situation, attendu que Duferco est occupé ailleurs, au démantèlement de la cokerie et que ce chantier prendra sans doute plusieurs années. De quoi donner un peu plus de temps à la recherche d’une solution…
 
Le comité citoyen, quant à lui, se veut coopérant, mais vigilant. Raison pour laquelle il se réserve le droit, dans un proche avenir, de déposer une demande d’inscription du haut fourneau 4 sur la Liste de sauvegarde du patrimoine wallon, ce qui préserverait l’installation durant un an.
 
En ligne : La lettre ouverte de l’Asbl « Le Bois du Cazier » pour la sauvegarde de l’intégrité du HF4.

Péronnes-lez-Binche : appel du comité citoyen aux investisseurs pour revaloriser la tour Saint-Albert

Pourquoi pas un restaurant au sommet de la tour Saint-Albert, haut-lieu de la culture industrielle actuellement à acquérir... pour 1 euro ? Construite en 1954, la tour d’extraction du charbonnage Saint-Albert, à Péronnes-lez-Binche, est à un tournant de son histoire. Son propriétaire, prêt à s’en défaire pour l’euro symbolique, est confronté à un dilemme : la faire démolir ou réparer ses façades, sachant que les deux opérations représentent le même investissement. Ce patrimoine majeur de Wallonie, unique exemplaire mondial de tour d’extraction de style « Paquebot », présente de réelles opportunités de reconversion. La conservation de la tour Saint-Albert serait donc un choix judicieux pour qui pourrait exploiter ce site remarquable.
 
Un appel est lancé à de potentiels investisseurs visionnaires : la tour Saint-Albert attend son projet innovant de reconversion !
À titre d’estimation, 500.000 euros seraient nécessaires pour le mener à bien.
 
L’insolite comme moteur d’innovation
La tour Saint-Albert présente un grand nombre de salles spacieuses aux ambiances insolites. En nous inspirant de nombreux exemples européens, le comité citoyen propose de transformer cette «cathédrale» de béton armé en un lieu qui soit vivant et accessible à tous :
  • dans l’ancienne recette auxiliaire, le «Foyer» : un espace polyvalent de réception et disponible à la location ;
  • dans la sous-station électrique, un bar ;
  • dans la salle d’extraction, le restaurant avec pour sujet central la poulie «Koepe» de 7m de diamètre, extraordinairement conservée;
  • sur le toit de l’édifice, une terrasse à la vue imprenable.
 
Les autres atouts d’une reconversion
Outre le coût dérisoire du rachat du bâtiment (1 euro), il existe une série d’éléments qui favorisent la mise en œuvre du projet : 
  • La possibilité d’un P.P.P. : la tour Saint-Albert se trouve depuis 2013 dans un périmètre de rénovation urbaine (le SAR/CE155B). Il est donc possible d’envisager que sa rénovation ou l’aménagement de ses abords soient en partie subsidiés ;
  • Le classement de l’édifice peut intervenir si le projet aboutit ;
  • Un quartier de 200 logements doit voir le jour très prochainement à l’arrière de la tour qui lui confèrera une position stratégique.
 
Manifester votre intérêt, c’est déjà donner une chance à ce projet. Comment ?
Par e-mail association.airdc@gmail.com
Par téléphone 0(032)471/ 092495 (Sébastien Duez, porte-parole)
Infos : https://sauvonslatoursaintalbert.wordpress.com/
Facebook : Sauvons la tour Saint-Albert, un symbole de la Région du Centre
 
Ils se sont montrés sensibles à la démarche du comité citoyen :
Michel PROVOST, Ingénieur civil-architecte, Professeur à l’U.L.B.
Freddy JORIS, Administrateur général à l’Institut du Patrimoine Wallon
Jacques LIÉBIN, Ecomusée Régional du Centre, Directeur
 
Ils ont apporté leur soutien actif :
Jean-Louis DELAET, Président de PIWB, Directeur du Bois du Cazier
Dr. Patrick MARTIN, Président du TICCIH, Professeur au M.I.T.
Dr. Wolfgang EBERT, European Route of Industrial Heritage
 
En ligne : un document qui revient sur quelques détails des montages financiers et techniques qui permettent, selon le comité citoyen, d'affirmer que la mise en œuvre de ce projet de reconversion sera facilitée


DERNIERE MINUTE : nous venons d'apprendre que le permis de démolir la tour a été octroyé le 9 juin 2015 ! Le Comité citoyen l'a appris in situ en constatant l'apposition du panneau annonçant l'avis d'urbanisme.
Aucune réponse n'a été donnée à leurs demandes d'information et d'inscription sur la liste de sauvegarde par les ministres Di Antonio et Prévot... 

Bouffioulx et Châtelet : longue vie aux dernières poteries !

Elles étaient plus de quarante au début du XXème siècle, une quinzaine dans les années 1970 et aujourd’hui, il ne reste que trois poteries, une à Châtelet et deux à Bouffioulx.  Mais peut-être plus pour longtemps ! Les trois derniers potiers, Biron, Dubois et Lardinois se démènent comme de beaux diables pour maintenir leur entreprise en vie, dans un environnement qui ne leur fait guère de cadeaux. Depuis des lustres, ils doivent subir la dure loi du marché, mais comme si cela ne suffisait pas, ils doivent aussi faire face à de multiples tracasseries de la part des autorités communales : taxes diverses et autres règlements draconiens… Le syndicat d’initiative de Bouffioulx a malheureusement décidé, après quarante éditions, de supprimer l’appellation « Fête de la Poterie » en la remplaçant par « Fête Médiévale et de la Poterie ». Toujours un peu moins pour la poterie !
 
Ces mêmes autorités communales avaient pourtant reconnu les maîtres potiers en tant que patrimoine local fin 2012. On allait les aider, notamment en les soulageant du poids de certaines taxes. On parlait même de la formation de nouveaux potiers, car le tournage est un savoir-faire qui demande des années d’apprentissage. Après les maîtres potiers actuels, il n’y a plus personne pour prendre la relève et perpétuer ces techniques ancestrales.  Tout ce florilège d’intentions n’a pas été suivi d’effet, car depuis lors, c’est le silence total !
 
Pourtant, le gré-cérame est un art qui est pratiqué dans l’entité de Châtelet-Bouffioulx depuis des siècles, et cela sans interruption. Un art unique, spécifique à ces localités, avec sa cuisson assortie d’un salage à haute température, ce qui donne aux pièces de poterie leur fameux aspect vernissé.  Ce patrimoine vivant représente un potentiel économique, culturel et touristique qui devrait être valorisé, à l’instar des initiatives prises dans d’autres régions et d’autres pays. D’autant plus que, selon les deux derniers potiers de Bouffioulx, un marché et une demande existent, sans parler du désir de beaucoup d’un retour à l’authenticité.
 
Allons-nous assister à la mort des dernières poteries de Châtelet-Bouffioulx ? Nombreux sont ceux qui refusent cette éventualité, et parmi eux, un groupe de citoyens qui a interpellé les autorités communales de Châtelet, afin qu’elles tiennent les engagements pris en 2012. Deux pétitions circulent, une « papier » (disponible aux poteries et dans toute une série de commerces de l’entité de Châtelet et Bouffioulx), l’autre sur le Web.  Des tracts ont été distribués à la fête de la poterie qui s’est tenue le week-end des 4 et 5 juillet 2015. Si cela ne suffit pas et, en l’absence de réponses, le comité citoyen envisage de créer une association qui tentera de recueillir des fonds destinés notamment à la formation de nouveaux potiers.
 
Pétition du Groupement citoyen pour un patrimoine potier vivant à Bouffioulx et à Châtelet

Blegny-Mine : exposition « 35 ans déjà ! 3 regards sur une métamorphose »

Le 31 mars 1980 marque la fin de près de huit siècles d’exploitation charbonnière en région liégeoise. Une page se tourne pour les travailleurs et leurs familles. Un pan de l’industrie qui a fait la renommée du Pays de Liège disparaît. À cette occasion, trois photographes, Théodore Bellefroid, Paul Donnay et Alfred Jansen-Reul, se sont penchés sur l’événement et ont immortalisé les derniers jours de labeur des ouvriers de la mine. L’ultime berline d’anthracite qui remonte au jour est aussi le point de départ vers une renaissance : le site minier majeur de Blegny-Mine aujourd’hui reconnu au Patrimoine mondial de l’Unesco.
 
Vu le succès rencontré par l’exposition déjà annoncée dans une précédente Newsletter, Des Mineurs et des Savants, nous vous annonçons sa  prolongation durant les mois de juillet et d’août.  
« La science n’est pas faite que par les savants. Entre production et interprétation, entre théorie et pratique, les échanges sont constants. L’exploitation charbonnière était une activité  structurante et a eu de multiples conséquences économiques et sociales. Mais nos mineurs ont aussi contribué à faire évoluer la Science et même notre conception du monde. »
 
Salles d’exposition de Blegny-Mine
Rue Lambert Marlet, 23
 4670 Blegny
Du 10 juillet au 31 août, de 13h à 18h
Tél. +32(0)4 387 43 33
www.blegnymine.be
Entrée gratuite

Liège : onze partenaires autour de la Lumière, un événement ancré dans le tissu culturel de la ville

Le 19 janvier dernier, l’UNESCO signait le lancement de L’Année internationale de la Lumière, afin de « sensibiliser les citoyens du monde entier sur l’importance, dans leur vie quotidienne, de la lumière et des technologies qui y sont associées ». Forte de ses propres initiatives en matière d’éclairage public, Liège accueille un ensemble d’évènements autour de cette thématique, regroupés sous le titre de « Lumières, des expos qui vous éclairent ». Fédéré par l’Embarcadère du Savoir — un réseau de six institutions liées à l’Université de Liège —, ce projet rassemble plus d’une dizaine de partenaires, issus tant du milieu scientifique que de la sphère culturelle. Expositions, conférences, stages, visites guidées et concours se partageront l’affiche pendant une année complète, approfondissant différents sous-thèmes : les rapports entre lumière et technologie, science, nature ou encore culture.
« Lumières, des expos qui vous éclairent » coïncident avec la parution d’un ouvrage collectif, soulignant l’omniprésence de la lumière dans tous les aspects de la vie humaine. De son côté, la Maison de la Métallurgie et de l’Industrie revient sur l’histoire de l’éclairage, tant au sein du foyer que dans l’industrie et la ville.

Du 21 juin 2015 au 21 juin 2016
Maison de la Métallurgie et de l'Industrie de Liège
Tél. + 32 (0)4 342 65 63
info@mmil.be
www.mmil.be

 
Viroinval : une exceptionnelle machine à vapeur Bollinckx à la Scierie du Fourneau

Ayant été informé de la présence à Viroinval, sur le site de la Scierie du Fourneau, d’une machine à vapeur de nature exceptionnelle, PIWB s’est rendu sur les lieux. Après un accueil charmant, un premier reportage vidéo et photographique a été réalisé. Il s’agit sans doute de la dernière machine avec chaudière de ce type encore existante dans un état d’origine et sur son lieu de travail, la Scierie du Fourneau toujours très active. PIWB a décidé de réfléchir à la manière de conserver cette machine afin d’aider le propriétaire très fier de ses installations. La machine a fonctionné jusque dans les années 1970.
 

 

Région de Bruxelles-Capitale


Bruxelles : l’Avenue du Port n’en finit plus de faire couler de l’encre sur ses pavés

Le gouvernement régional a répondu aux arguments de l’association BruxellesFabriques contestant le refus d’ouvrir la procédure de classement. Suite à cette réaction et afin d’y répondre, l’association a sollicité un bureau d’avocats spécialisés en ces matières. BruxellesFabriques est convaincue qu’elle détient des arguments forts dont des questions de procédure, mais aussi de fond dont la valeur patrimoniale de cette avenue pavée, l’absence d’évaluation précise, etc.
Un épisode de plus dans la longue bataille pour la conservation des pavés de cette avenue emblématique du patrimoine industriel et social bruxellois.

Bruxelles : Journées du Patrimoine (septembre 2015)

Le thème des prochaines Journées du Patrimoine en Région bruxelloise est : Les ateliers, usines et bureaux. La programmation est particulièrement fournie et des lieux inconnus seront ouverts. L’occasion de retrouver, imbriqués dans la trame urbaine des lieux de travail. Dommage pourtant que rien ne soit plus spécifiquement prévu pour rappeler le travail, les conditions de travail et la présence des ouvriers dans ces lieux chargés d’histoire industrielle et sociale. Ce n’est pas le sujet des Journées du Patrimoine consacrées uniquement aux vieilles pierres. L’ouvrier : une absence qui sera très remarquée !
www.journeesdupatrimoinebruxelles.be (dates non encore précisées)

Bruxelles : les estaminets, une histoire bruxelloise – Appel aux témoins

L’association BruxellesFabriques prépare, pour le second semestre 2016, une exposition-animation autour des estaminets en région bruxelloise. Faut-il rappeler que ce sont des hauts lieux de culture, qu’énormément d’associations, de « sociétés », de syndicats, de formations politiques, de meetings se sont tenus dans ces lieux.  Il sera évidemment fait écho des brasseries, de l’histoire de la bière à Bruxelles, de l’évolution et de l’implantation des estaminets, cafés et bars jusqu’aujourd’hui.
D’importantes collections sont disponibles. Une recherche scientifique plus pointue devrait être menée pour laquelle BruxellesFabriques recherche toujours des financements. Le projet sera associé à la réaffectation de l’ancienne Bourse de Bruxelles en temple de la bière. Celui-ci ne sera pas seulement une vitrine des brasseries belges : la place de la ville et de l’homme y sera mise en valeur.

Appel à témoignages 
L’association est à la recherche de témoignages de tenanciers, de clients, de « sociétés » d’anciens estaminets bruxellois.
Contactez Nathalie Bücken : natfabrique@gmail.com




 

In memoriam


Calisto Peretti (Saint-Ghislain 29 mars 1937 – Neufvilles 18 juin 2015)
 
Calisto Peretti est né dans le Borinage, en 1937. Fils d’un ouvrier-mineur italien exilé en Belgique durant l’entre-deux-guerres, son instituteur décèle très tôt chez lui un talent de dessinateur et le pousse à s’orienter vers des études à l’Académie des Beaux-Arts de Mons, en publicité. Diplômé en 1956, année de la catastrophe de Marcinelle, il se fait engager comme chronométreur au charbonnage de Tertre, fonction qui lui permettra de découvrir les multiples tâches liées à l’extraction du charbon et à observer les ouvriers mineurs. Il commence à dessiner diverses situations de travail et ses croquis sont remarqués par le chef de sécurité du charbonnage qui lui demande de concevoir des affiches destinées à prévenir les accidents. Son style privilégie toujours une image percutante à des documents comprenant trop de texte. Le langage est concis, imagé, comme dans les messages publicitaires.
 
Une étude sur l'artiste par Guénaël Vande Vijver 
Bert Van Doorslaer (Bornem 5 février 1954 - Hasselt 12 avril 2015)
 
Bert était d’une modestie rare alors qu’il était le plus grand connaisseur de l’histoire des mines belges et pas seulement de celles de Beringen ou du Limbourg. Véritable encyclopédie en la matière, qu’il s’agisse de l’histoire des implantations, des techniques mises en œuvre ou des hommes et femmes qui y ont parfois tragiquement laissé leur vie et pour lesquels il témoignait d’une grande tendresse, il était d’une rigueur scientifique exceptionnelle. Ses nombreuses publications en témoignent. Ses compétences et ses interventions ne s’arrêtaient pas aux mines puisque les moulins faisaient aussi partie de ses attentions. Musicien et ornithologue averti, il était également, dit-on, d’un humour parfois mordant. Il ne restait pas en chambre pour écrire, il mettait la main à la pâte pour restaurer des machines et partait souvent à la rencontre des derniers témoins d’une époque industrielle en voie de disparition. J’ai eu l’occasion trop rare de le rencontrer, d’aller voir l’exposition photographique qu’il avait montée sur les mines du Limbourg. Lors de l’expertise pour le classement au Patrimoine Unesco des quatre sites miniers majeurs wallons, j’avais souhaité avoir son avis qui fut largement partagé. C’est donc une personnalité scientifique de premier plan que nous perdons dans le domaine du patrimoine industriel et social. Il était un précurseur et un des plus grands connaisseurs dans le domaine.
Nous souhaitons faire part à sa famille et à ses très nombreux amis de toute notre sympathie. Il restera dans nos mémoires.
 
Guido VANDERHULST
Vice-Président
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