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Samedi 27 février 2021

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Ton espace perso

Salut les french fries, c'est l'heure de la Friteletter.

Avant de s'attaquer au sujet maousse du mois, on voudrait fêter le Commando de la Frite, ces 60 membres du Club qui sont allées rameuter leurs potes pour intégrer le Club...et c'est comme ça que nous sommes bientôt 300 à avoir la Frite ! On pensait pas pourvoir écrire ça si vite, on avoue, ça nous fait drôle. Et on va pas s'arrêter en si bon chemin. Voilà, on trame une grosse campagne pour bientôt. Si ça te dit de participer et d'être mise dans le secret des dieux avant tout le monde, danse la lambada .

Bref, passons au sujet du jour : cette Friteletter a été écrite pour toutes celles qui veulent avoir des arguments à exposer à Tonton Grande Gueule (TTGG), qu’on aime bien mais qui répète en boucle que “de toute façon les immigrés sont des assistés qui viennent en masse squatter nos aides”. Et parce qu'on en a marre de ne pas savoir quoi lui répondre, 
on s’est relevé les manches pour te donner de quoi contrer les généralisations et autres suppositions sur l’immigration en France aujourd’hui. On espère que ça te sera aussi utile qu'à nous !
 


TONTON, T'ES PLUS DANS LE COUP

On a pensé cette Friteletter comme une conversation dans laquelle on répond aux remarques que pourrait faire un TTGG. On joue donc exprès sur des clichés pour pouvoir réagir dans ces conversations qui dérivent vers des vérités générales, sans les faits et les preuves qui vont avec.

Migrants, immigrés, étrangers : c’est un peu la même chose.

Heureusement qu’une bonne Friteletter commence par de bonnes définitions. Prends Tonton sous le coude, on y va : 
 

L’immigration déjà, c’est l’installation dans un pays d’un individu ou d’un groupe d’individus originaires d’un autre pays. Ainsi, est immigrée toute personne née étrangère à l'étranger et résidant en France. D’ailleurs, on pourrait dire “immigré un jour, immigré toujours” car un individu continue à appartenir à la population immigrée même s'il devient français.

Un étranger, c’est une personne qui réside en France et ne possède pas la nationalité française. Un étranger n'est donc pas forcément immigré car il peut être né en France (c’est notamment le cas des mineurs nés en France de parents étrangers).

Un migrant, pour l’ONU, c’est une personne qui réside dans un pays étranger quelle qu’en soit la raison. Oui, ça comprend ta pote espagnole venue en Erasmus, ou la nouvelle développeuse de ta boîte qui est venue de Pologne.

On peut donc migrer un jour et devenir immigré + étranger ou immigré + français. Mais on peut aussi être étranger mais pas immigré. Tu l’as ?

En tous cas, les Français sont presque en minorité maintenant...
Tonton, nous aussi on est pas balèzes en maths mais pour le coup, c’est statistiquement faux, même en grossissant beaucoup le trait. Viens voir : 

  • En 2019, 6,7 millions d’immigrés vivaient en France, c’est 9,9% de la population totale. Parmi eux, 2,5 millions ont acquis la nationalité française et 4,2 millions ont conservé leur nationalité.
  • La même année, la France comptait 700 000 étrangers nés en France de parents étrangers.
  • Cela porte en tout et pour tout à 4,2 +0,7 = 4,9 millions d’étrangers en France en 2019, soit 7,4% de la population totale.

Même si on ajoute les 2,5 millions d’immigrés qui ont acquis la nationalité, on est max à 10%.

Ça n'empêche qu'ils sont toujours de plus en plus nombreux !
Le nombre d’immigrés en France à travers le temps a beaucoup fluctué, mais c’est vrai que, globalement, l’immigration a connu une progression très nette depuis le début du XXème siècle. Après les deux guerres mondiales, elle a fortement augmenté pour compenser le besoin de main-d'œuvre. Puis, elle a diminué après les 30 Glorieuses, avec la crise économique des 70’s. En parallèle,il faut aussi avoir en tête que de la même façon que des migrants entrent sur le territoire chaque année, d’autres partent ; et, comme la population française a aussi augmenté au XXe siècle, le pourcentage d’immigrés dans la population est resté stable de 1975 à 2000. Ensuite, l'immigration a repris depuis le début du XXIe siècle.

Ça, c’est pour l’immigration légale, cad les chiffres qui peuvent être enregistrés par le ministère de l’Intérieur. Après, il y a les immigrés qui ne demandent pas de titre de séjour ou qui résident illégalement sur le territoire. Par définition, les chiffres ne sont pas connus, on ne peut donc pas savoir exactement comment ils évoluent à travers le temps.

Pourtant, on les voit ces clandestins qui traversent la Méditerranée !
On a tous vu les images de ces navires remplis à craquer d’hommes, de femmes et d’enfants tentant de fuir leur pays. C’est ce qu’on a appelé à son pic, en 2015, la “crise migratoire” : 

  • Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ils étaient plus d’1 million (près de 7 fois plus qu’en 2018 par ex) à venir en Europe cette année-là, dont 850 000 via la Grèce. 

Ils provenaient alors surtout de Syrie, d’Afghanistan, d’Irak, du Kosovo et d’Érythrée. L’écrasante majorité de ces personnes fuyait donc des pays en guerre ou des régimes totalitaires et venaient demander refuge en Europe où 1,3 million demandes d’asile ont été enregistrées en 2015 (2 fois plus qu’en 2019 par ex). Ces demandeurs d’asile espèrent ainsi obtenir le statut de réfugié pour pouvoir résider légalement sur le territoire.

En France, pour être “réfugié”, il faut avoir été reconnu comme tel par l’Ofpra (office français de protection des réfugiés et apatrides), l’organisme qui étudie les demandes d’asile. Les critères d’attribution du statut de réfugié sont définis par la Convention de Genève (1951). Pour résumer, disons qu’il est accordé à toute personne qui a dû fuir son pays pour échapper à un danger (guerre ou persécution du fait de sa race, sa religion, ses opinions politiques ou son groupe social, par exemple). En France, une fois le statut obtenu, le réfugié obtient une carte de résident valable 10 ans.

Enfin de toute façon on donne cette carte à tout va !
En 2020, seules 34% des demandes du statut de réfugié ont été validées par la France, soit 24 118 personnes. C’est l’équivalent d’un gros village français, comme Beaupréau-en-Mauges, Sèvremoine ou encore La Teste-de-Buch. Au total, en 2020, ces réfugiés sont presque 3 fois moins nombreux que les immigrés venant pour étudier en France (71 900 personnes) par exemple.

Donc l’immigration clandestine est loin de concerner la majorité des migrations.

Oh et puis tu m’embrouilles avec tes chiffres !
Pas de panique, Dominique, on récapitule avec un dessin 👇: en bleu c'est la population française, en orange/jaune/rouge, c'est la population immigrée et étrangère. En rose, c'est les Français nés à l'étranger. Et si tu veux un récap des différents parcours d’immigration, ce schéma est bien fait.
 

  








Source : Insee, estimations de population 2019.

En tous cas, ce virus a dû réduire les migrations.
En effet. Tmtc, la pandémie est arrivée avec son lot de fermeture de frontières et tout le monde a dû mettre une croix sur ses plans dolce vita, aventure ou Erasmus à l’étranger. Les visas touristiques ont été divisés par 5 (!), avec notamment la désaffection massive des visiteurs asiatiques. Mais cela a aussi affecté les demandeurs de titre de séjour - le document qui permet à des étrangers de séjourner légalement sur le territoire français et de n’être pas “sans-papiers”. 

  • Selon le Ministère de l’Intérieur, en 2020, 220 535 premiers titres de séjour ont été délivrés, c’est -20,5% de moins qu’en 2019.
  • Ceux qui demandent ce titre pour rejoindre époux.se ou 1 enfant français ou son époux.se étranger ayant un titre de séjour et vivant en France sont les plus nombreux, mais leur nombre a baissé de 17% en 2020.
  • Logique vu que les cours de 2020 se sont suivis à distance, le nombre de titres de séjour pour étudier à diminué de 20%.
  • Mais c’est surtout le nombre de personnes qui viennent en France pour travailler, ce qu’on appelle l’immigration économique, qui a chuté de 31%.

Pour voir un portrait des arrivants en France, clique ici.

Enfin, la France a toujours voulu accueillir toute la misère du monde...
Alors, c’est vrai que la France a souvent été définie comme une terre d’immigration. Pourtant, au niveau mondial, la France se situait en 2013 en 80e position pour l’accueil d’étrangers sur son sol. Aujourd’hui encore, on accueille moins que nos voisins allemands, italiens et espagnols par exemple.
  • Dans l’histoire, la France a largement accueilli pendant les 30 Glorieuses qui ont suivi la 2de Guerre Mondiale, comme on l’a vu, où le pays a fait appel à des immigrés surtout originaires d’Afrique et plus particulièrement de ses colonies du Maghreb par manque de main d'œuvre pour reconstruire le pays après la guerre, mais aussi pour assurer la croissance industrielle.
  • L'immigration s'accélère avec la décolonisation et l'entrée en vigueur au 1er janvier 1958 du traité de Rome, qui instaure le principe de libre circulation des personnes en Europe.
  • En 1974, la crise économique met un stop à la politique migratoire : le gouvernement décide de suspendre l'immigration des travailleurs et des familles ne venant pas de l’UE et organise des retours volontaires et forcés. En 1980, la loi Bonnet rend plus strictes les conditions d'entrée sur le territoire, fait de l'entrée ou du séjour irréguliers un motif d'expulsion au même titre que la menace pour l'ordre public.
Pour résumer, on pourrait dire qu’après avoir eu recours à une population immigrée pour des raisons économiques, la France a changé sa politique quand le vent de l’économie a tourné. Mais avec le vieillissement de la population, il est possible que la France doive à nouveau bientôt faire appel à une immigration de travail.

Ok, mais aujourd’hui les immigrés continuent à venir surtout d’Afrique.
Sur ce point, on peut largement tempérer. Voici une photo des continents d’origine des personnes entrées sur le territoire français en 2017.


Et si on zoome, ça donne :
  • Parmi ceux qui viennent d’Afrique, la plupart viennent alors du Maroc (9% immigration totale), de l’Algérie (7%), de Tunisie et de Côte d’Ivoire.
  • Côté européens qui viennent s’installer en France, la pays a surtout la cote auprès des Italiens (4% immigration totale), Espagnols (3,7%), Brits, Roumains et Portugais.
  • Quant aux Asiatiques, ils viennent surtout de Chine, Syrie et Afghanistan. 
  • Et côté continent américain, on attire surtout les Brésiliens, puis les États-uniens (Oui, on utilise ce mot, fais coucou à ta prof de géo de terminale).

Oui, mais il sont quand même là pour profiter de nos allocs.
Cette remarque revient souvent dans le débat public, alors pour bien s’y préparer, on reprend point par point :

  • Les clandestins, qui sont entrés illégalement sur le territoire et ne se déclarent pas, n’ont le droit à aucune allocation de l’État. En revanche, ils peuvent, sous certaines conditions, bénéficier d’une prise en charge de base pour la Santé avec l’Aide Médicale d’État (AME) ainsi qu’un accès théorique à l’hébergement d’urgence.
  • Les demandeurs d’asile, eux, peuvent bénéficier d’une aide de 207€ par mois pour subsister en attendant que l’Ofpra examine leur dossier (5 - 9 mois en moy). C’est l’allocation de demandeur d’asile, et c’est donc 5x moins que le seuil de pauvreté, fixé en France à 1063€. Côté santé, ils ont accès à la protection universelle maladie (PUMA) et pour le logement ils ont droit à une place dans un CADA (centre d’accueil de demandeurs d’asile). S’il n’y a plus de place en CADA, alors ils peuvent recevoir env 225€.
  • Les étrangers réguliers - avec titre de séjour donc - peuvent demander le RSA (551€) à partir de 25 ans et si ça fait au moins 5 ans qu’ils ont un permis de travail en France. Pour te donner une idée, en 2017, seuls 16% des allocataires du RSA étaient étrangers, selon le gouv. Un étranger de plus de 65 ans peut demander l’allocation de solidarité aux personnes âgées (de 868€ max) s’il réside en France de manière régulière depuis au moins 10 ans.

Ce très bon article du Monde revient en détail sur les aides accordées aux immigrés et aux étrangers. On résume : 1/ sauf pour les demandeurs d’asile, aucune aide d’État ne leur est spécifique et 2/ il est plus difficile d’obtenir ces aides quand on n’est pas Français car leur attribution est souvent conditionnée à une durée minimum de résidence sur le territoire de façon régulière.

Mais la France ne peut pas protéger tout le monde...
Et d’ailleurs, ce n’est pas ce qu’elle fait. On le voyait plus haut, seules 3 demandes du statut de réfugié aboutissent sur 10. Et pour arriver jusqu’à la demande, c’est pas une sinécure : 

  • Déjà, il faut pouvoir arriver sur le territoire d'accueil sain et sauf, en quittant souvent famille, amis, et son pays qu’on doit fuir, mais aussi en cédant parfois des sommes colossales à des passeurs dont le business se fonde précisément sur les politiques de fermeture des frontières : Plus une frontière est fermée, plus les passeurs seront chers et indispensables pour ceux qui veulent la traverser. Par ex, pour atteindre l’Europe de l’Ouest, un Afghan peut dépenser entre 8 000 et 12 000€.
  • Une fois arrivé, un looooong chemin de croix administratif commence : formulaire d’enregistrement de la demande auprès d’une structure de premier accueil, enregistrement en préfecture puis évaluation de sa situation par un agent de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), puis c’est le traitement du dossier par l’Ofpra  - qui peut prendre jusqu’à 13 mois pour donner une réponse finale - le tout ponctué d’entretiens mais surtout d’une interminable attente pour parfois devoir faire appel de la décision devant la Cour nationale du droit d'asile. Et rebelote. Bref, nous qui flippons quand on doit envoyer un papelard à la mutuelle, c’est autre chose.

Oui, mais quand même, au final l’immigration ça nous coûte cher !
On s’est penchées sur cette question coton. Si on souhaite vraiment évaluer ce que cela coûte alors, il faut considérer ce que l’État dépense en allocations, sécurité sociale, raccompagnements à la frontière etc versus ce que cela rapporte en impôts, cotisations sociales, TVA...  Spoiler alert, c’est super difficile de s’accorder sur ce qu’on mesure exactement, résultat, les chiffres divergent et les différents camps politiques se contredisent.

Mais voilà ce qu’on peut te donner comme billes :  

  • En 2006, le chercheur Jacques Bichot publie une note où il évalue le coût de l’immigration en s’intéressant à 6 piliers : coût de la justice et maintien de l’ordre, éducation, protection sociale, politique de la ville et logement, transport et les “faits mafieux”. Il aboutit à un coût total de 24,5 milliards € auquel il ajoute, sans détailler 12 milliards € de “coûts d’intégration”. On est encore assez loin du coût avancé notamment par le Front National  - qui le situe “entre 35 et 70 milliards”.
  • En 2010, une autre étude commandée par le gouvernement au chercheur Xavier Chojnicki estimait à 68,4 milliards d'euros les prestations versées aux immigrés et à 72,026 milliards leurs cotisations. Ce qui donnait un chiffre positif.
  • Une étude de l’OCDE - notre cabinet de conseil économique mondial - s’est intéressée à l’aspect fiscal de l’immigration et montre que dans la plupart des cas, l’impact est marginal sur les finances publiques et elle rapporte en moyenne 0,35% du PIB dans les pays de l’OCDE. En 2013, selon cette étude, l’impact fiscal total de l’immigration sur le PIB français était de -0,3%.

Bref, ce sujet du chiffrage est très casse-pipe, et il semble assez impossible de s’arrêter sur un chiffre commun, c’est ce qui pousse des chercheurs à récuser l’idée d’une approche uniquement comptable du sujet. 

C'est aussi ce qui nous fait dire qu'au-delà de l’historique et de ces quelques chiffres, la réalité est complexe, c’est pour ça qu’on te recommande de fouiller notre It-List pour continuer à aller plus loin.

🥡 L'info à emporter : Breathe-in, breathe-out, on te résume le principal. À la hache, aujourd’hui sur 3 immigrés en France, 1 vient d’Afrique, 1 autre d’Europe et le dernier d’Asie ou d’Amérique. La population française est composée d'env. 10% d'immigrés, parmi ceux-là moins d’un tiers sont devenus français. Chaque année, c’est environ 250 000 personnes qui viennent en France depuis l’étranger, et sur ceux-là, il y a autant d’histoires d’immigrations qu’il n’y a d’individus qui passent la frontière pour rejoindre leur amoureuse rencontrée en Erasmus, pour travailler, pour rejoindre ses enfants ou pour fuir une situation catastrophique. D'ailleurs, parmi ceux qui viennent, l'écrasante majorité demande un titre de séjour, le plus souvent pour rejoindre leur famille ou étudier. Une part moins importante vient pour bosser ou pour des raisons humanitaires et les clandestins constituent à priori une minorité des migrants. Un nombre encore plus faible de personnes vient pour demander l'asile, en majorité depuis des pays en guerre comme la Syrie, le Soudan ou l’Érythrée, sachant qu'ils ont environ 7 chances sur 10 de se faire débouter.

Les définitions à garder en tête : 

Immigré : personne qui vient en France

Étranger régulier : personne qui n’a pas la nationalité française mais réside légalement sur le territoire, avec un titre de séjour.

Étranger sans-papiers : personne qui réside en France sans titre de séjour.

Demandeur d’asile : personne qui demande une protection à la France.
Réfugié : personne qui l’obtient.

 
 



J’ai envie d’aller plus loin :

On t’a fait une sélection perso, à picorer en fonction de ton temps et ton mood :

Si tu as entre 5 et 30 minutes :
  • Un mini reportage Arte sur le port italien de Lampedusa, le point d’entrée de milliers de migrants vers l’Europe.
  • Ce reportage Arte, aussi sur la traversée de la Manche par des migrants qui tentent de rejoindre l’Angleterre.
  • Boza !, ce mini docu de Konbini qui embarque 15 jours sur un bâteau qui sauve les migrants qui tentent l’aventure de la Méditerranée.
  • Cet épisode du podcast des Pieds sur Terre sur l’histoire de 3 immigrés dont les métiers ont été qualifiés “d’essentiels” avec le coco : Lydia, aide-soignante, Laye, apprenti-boulanger et Séverin, charpentier.
  • Ce TED Talk génial sur la notion d’identité des personnes qui voyagent de l’écrivaine Taiye Selasi : "Ne me demandez pas d’où je viens, demandez-moi où j’habite".

Si tu as une petite heure devant toi :

  • Le podcast Kiffe Ta Race de sur ce que ça veut dire d’être filles d’immigrés en France.
  • Le live Facebook que nous, Voxe, avions réalisé, back in the days, en 2018, avec des experts qui répondaient aux questions de notre audience sur l’immigration : la première partie sur l’histoire des migrations est vraiment éclairante, et on le dit pas parce que c’est nous.
  • Les 9 podcasts de 59 minutes de cours du Collège de France sur l’immigration à travers les âges. Si tu ne devais en écouter qu’un, choisis celui-ci sur les 3 migrations du XXe Siècle qui fait intervenir François Héran, l’expert qu’on avait interviewé dans notre live.
  • Cet épisode du podcast L’arbre et la pomme de The Conversation, qui est, justement une conversation passionnante entre une spécialiste du langage et des discours, une politologue et un spécialiste des migrations.
  • Ah, et si tu t’intéresse particulièrement au sujet de l’immigration aux US, notre (presque) homonyme américain, Vox, a sorti un épisode dans son podcast The Weeds.

Si tu veux mater un bon film :

  • Bande de filles (2014), de Céline Sciamma qui s’attache à montrer la place des filles dans les quartiers où vivent aujourd’hui beaucoup de populations issues de l’immigration (Netflix).
  • Banlieusards (2019), le film du rappeur Kery James qui raconte le parcours de trois frères issus d’une banlieue sensible de la région parisienne et leur lutte respective pour s’intégrer et se faire une place dans cette société (Netflix).
  • Le film Welcome (2009) de Philippe Lioret qui raconte l’histoire de Simon (amazing Vincent Lindon !), maître nageur à la piscine de Calais, qui, pour reconquérir sa femme, prend le risque d'aider en secret un jeune réfugié kurde qui veut traverser la Manche à la nage. (À voir plutôt de bonne humeur).
  • Sors ton mouchoir aussi pour Va, vis et deviens qui nous raconte l’histoire de Schlomo, éthiopien qui fuit son pays, poussé par sa mère, se retrouve dans un camp au Soudan puis arrive finalement en Israël.
  • Plus feel good mais pas moins grave, Nous trois ou rien, de Kheiron (oui le mec de Bref), une histoire d’amour et de migration dingue entre l’Iran et la France.
  • Revoir le Terminal dans lequel Tom Hanks, devenu soudain Apatride se retrouve bloqué à errer dans l’aéroport de New York, pour se rappeler la diversité des migrations (dispo sur Netflix). 

Si tu veux lire un bon bouquin :

  • L’art de Perdre d’Alice Zeniter. Bon déjà, parce qu’on adore Alice Zeniter, mais ce bouquin-là, franchement, c’est un chef d’oeuvre. Déjà, côté histoire, il nous a fait découvrir la réalité des Harkis, ces algériens qui servaient l’Algérie française et qui, au moment de la décolonisation, ont dû fuir leur pays pour être (très) mal accueillis en France - à un tel point que le Président Chirac s’était finalement excusé. On a aussi été touchées par la façon subtile de nous emmener dans la crise identitaire des descendants.
  • L’opticien de Lampedusa d’Emma-Jane Kirby, le premier roman d’une journaliste à la BBC qui relate l’histoire d’un opticien qui s’est retrouvé, par hasard, à sauver des migrants qui se noyaient dans la Méditerrannée.
  • Americanah et Autour de ton cou, de Chimamanda Ngozi Adichie (oui, on est fans). Les 2 romans racontent une histoire du Nigéria contemporain, avec son quotidien et ses crises, racontent des vies, des histoires d’amour, des quêtes d’identité et des migrations vers les US. Ah et pour plus d’Adichie dans ta vie, tu as aussi son TED talk, “le danger d’une histoire unique”.
  • Boza ! Le bouquin écrit à 4 mains par Etienne Longueville, un réfugié qui a fui le Cameroun à 15 ans et Ulrich Cabrel, un français de St Brieux. Le bouquin raconte l’épopée d’Etienne.

A scroller :

  • Le compte de @larbrequipousse, poète engagé qui crée beaucoup de contenu canon autour des questions raciales.
  • @histoires_crepues, c’est le très bon compte Insta de l’artiste Seumboy Vrainom qui explique l’histoire coloniale à partir de ressources en accès libre sur le web et avec beaucoup de pédagogie sur sa chaîne Youtube ici.
  • Le compte insta de @decolonisonsnous, pour recevoir dans ton feed tous les jours des liens vers des articles, émissions, docu, citations pour t’informer.

Pour agir : 

  • Deviens une antiraciste active avec le livre Comment devenir antiraciste de Ibram X. Kendi - “What we’re doing in each moment determines who and what we are” : l’auteur te fait réfléchir sur toi et te donne les clés pour ne pas être seulement “pas raciste” mais “antiraciste” (aussi une vidéo ici et un podcast ).
  • Tu peux faire un don à l’asso SOS Méditerranée qui sauve les migrants des naufrages lorsqu’ils traversent la Méditerrannée.
  • Maintenant que tu as retourné le cerveau de Tonton Grande Gueule, tu peux faire équipe avec lui pour acceuillir une tiny house pour des réfugiés dans son jardin avec l’asso In My BackYard
  • Donne un côté solidaire et accueillant à tes chiens-tête-en-bas en prenant tes cours de Yoga avec le collectif Nour qui propose une pratique ouverte à tous, notamment aux personnes exilées ou précaires.
  • Prends quelques heures par ci-par là pendant 2 semaines pour t’informer et passer à l’action avec le programme ré_action de MakeSense spécialement conçu pour créer du lien avec les nouveaux arrivants en France.
  • Si tu as encore l’âge, tu peux faire un service civique avec le programme Vonlont’R qui se concentre spécifiquement sur l’accueil et l’intégration des réfugiés.
  • Discute avec des nouveaux arrivants qui sont encore plus solitaires avec les confifi et tout et tout, grâce à Allomondo.
  • Rejoins la communauté Singa proche de chez toi, pour un run ou un blabla ou va plus loin et accueille un réfugié pour une semaine ou quelques mois. SINGA c’est l’asso qui vise à créer du lien et de la collaboration entre les réfugiés et les autres citoyens de leur société d'accueil.
  • Cette page liste plein d’autres assos en France.
***
Sondage : Voilà, on t'a tout donné, dis, la prochaine Friteletter, tu voudrais qu'elle parle de quoi ?
 
L'agriculture de demain
 
La dette et le déficit public
 
L'intelligence artificielle

❤️ I love it, I love it

Ce mois-ci, cette section est en plein ravalement, tu peux retrouver tes réducs spéciales Club directement dans ton espace perso. On nous sussure que tu y trouveras des codes assez cools pour pédaler stylée, yogiser synchronisée, t'échapper déconnectée, lire bien calée, te savonner, prendre soin de ta beauté et cuisiner épicé ! Oui, on s'est embarquées dans des rimes en é, mais on se soigne.

 
Fais croquer les bons plans !


Psst. Yes, pour t'en dire plus sur notre ravalement, on est en train de réfléchir à la façon de rendre la sélection de produits pour le Club plus utile. Pour l'instant, on pense vous donner accès à tous les codes et marques qui figurent dans la Quotidienne pendant un an. Tu pourrais les chercher par thème ou nom et tu aurais le code direct dans ton espace perso. Mais c'est un sacré bouzin et les cops de la technique ont un peu envie de nous appeler Arthur. Et toi, d'ailleurs, t'en penses quoi ? T'as des envies particulières ?

🍟 Frite corner

On aime, on adore célébrer vos succès, petits et grands. Raconte-nous tes fiertés pros, persos, ou les projets auxquels tu contribues. Tu peux aussi nous donner une petite annonce à faire passer à la communauté des Frites.

🦹‍♀️ On top of the world
Bravo à Sheherazade L. qui a sauté le pas et a lancé sa boutique de chaussures de designers de seconde-main, ça s’appelle AtelierFH et c’est bourré de pépites. En parlant de nanas qui dépotent, Agnès K. nous a fait découvrir sa cops Marion Graeffly, qui a lancé un opérateur téléphonique coopératif pour baisser l’impact écologique de sa vie numérique. Admiration débordante aussi envers Christelle B. qui a décidé de ne plus s’acheter de vêtements, mais de les coudre.

👂 Petites annonces de la Frite

  • La Frite Dixie F. a écrit un livre et aurait besoin de relectures objectives pour envoyer un truc top carré nickel chrome aux maisons d’éditions. Pour en être, sors ton crayon à papier, tes plus belles lunettes et balance-lui un mail
  • Amandine C. c’est une frite artiste qui se lance dans le tatoo et cherche un salon pour y faire son apprentissage, si t’en connais, ring her bell ici. Et pour voir ses flash tatoos, c’est
  • Si tu lances ta boîte : Eileen P. offre son expérience et son cerveau bien câblé pour le webmarketing et gestion de projet aux Frites entrepreneuses qui ont besoin d’aide, et pourquoi pas d’une associée ! Profites-en !
  • Camille G a une annonce pour sa bff, Audrey J. qui cherche un stage ou une alternance dans la mode, la cosmétique ou le luxe. Si tu es la personne qui cherche cette personne, son CV est là.


👣 I, I follow les Frites
On s’assied bien au fond du canap, on remonte la couverture et hop, on part au théâtre. Oui, parce qu’il y a Mathilde M. qui en plus d’être Frite, est comédienne d'impro, viens l’applaudir avec nous le 6 mars à 21h dans Minimas.
 

Moi aussi j'ai une annonce !

👀 Who's next ?

Le 16 mars à 19h, sors le tapis rouge bébé, on t’emmène là où sa crépite. Nan, pas sous le sunlight des tropiques, sous les flashes des photographes. Oui, parce que ce mois-ci on est allées chercher Céline Délaugère.

Céline est mannequin, artiste, mathématicienne, et cheffe d’entreprise. Ou plutôt cheffe d’entreprise, mathématicienne, artiste et mannequin. Ou..bref, la meuf a 1000 casquettes qu’on a pas forcément l’habitude de voir sur la même tête. La story de Céline, c’est celle d’un job étudiant qui a bien tourné. Mannequin pendant qu’elle faisait ses études à Polytechnique et Dauphine, elle se rend compte que l’industrie de la mode pourrait être largement pimpée. Alors pendant qu’elle fait la couv de l’Officiel, défile pour Hermès, Victoria Beckham, Dries Van Noten, Marni et Nina Ricci, elle pense, elle creuse, elle questionne. Puis elle décide de se lancer en créant Eva Engines, une boîte qui utilise l’intelligence artificielle pour faciliter le travail des marques à trouver le bon mannequin et faciliter le process des shootings. En parallèle et parce que pourquoi pas, Céline monte son expo, No One 9991, dans laquelle les oeuvres sont produites par une machine autonome. Et c’est canon.

Alors, tu seras là ? Pour venir, inscris-toi, c'est gratis pour les Grandes Frites, 60% de réduc pour les Petites Frites.
 

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