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 TURQUIN
E X P E R T S  E N  T A B L E A U X

Le « Maître au Perroquet » enfin identifié : Les historiens de l’art vont devoir abandonner le nom si poétique et exotique de « Maître au perroquet » et le remplacer désormais par celui de son véritable auteur, Cornelis Bazelaere.
 
La redécouverte par le Cabinet Eric Turquin et l’étude de maîtres de Muizon -Rieuner d’une Vierge à l’enfant signée « CORNELIS BAZELAERE FECIT » sur le parapet, avec une date, probablement le 16 janvier 1547 (ou 1542), permet de rendre à cet artiste le groupe de peintures anonymes jusqu’à présent connu sous le nom de Maître au perroquet. Il sera vendu le 11 décembre 2017 à l’Hôtel-Drouot par l’étude Muizon–Rieuner. A plusieurs reprises dans l’histoire de l’art, des groupes d’œuvres rassemblées sous le nom d’un maître de convention, ont été sorties de l’anonymat par la réapparition d’une œuvre signée. Joos van Cleve lui-même était appelé « Le Maître de la Mort de la Vierge » a pu être identifié par la lecture du monogramme JB (pour Joos van der Beke, né à Clèves) en 1894, ou encore le Maître de Moulins qu’on assimile généralement à Jean Hey grâce à sa signature sur l’Ecce Homo du musée de Bruxelles.
 

 
Vente à Paris, le 11 décembre 2017 – Maître de Muizon et Rieunier

Cornelis BAZELAERE (documenté à Anvers en 1523), dit
le MAITRE AU PERROQUET


Vierge à l'enfant tenant un perroquet sur sa main gauche
Panneau de chêne, une planche, non parqueté
40 x 32 cm
Inscrit en bas : ... 47...16(?)...IANVARIVS* CORNELIS * BAZELAERE FECIT*
Restaurations anciennes
Vente le 11 décembre 2017, étude Muizon–Rieuner

Estimation : 20 000 / 30 000 €
La réapparition d'un premier tableau signé et daté par Cornelis Bazelaere constitue un apport inédit à l'histoire de la peinture flamande du XVIe siècle. Une centaine d'ateliers étaient installés à Anvers entre 1500 et 1550. A une époque où signer les œuvres restait exceptionnel, leurs  peintures ont été regroupées par les historiens d'art dans des corpus anonymes portant chacun le nom d'une œuvre éponyme. Il est aujourd'hui très difficile de rattacher ces ensembles avec les noms des artistes répertoriés dans les documents d'archives. Le style de cette Madone peut être rapproché de celui d’un peintre flamand jusqu'ici non identifié, le Maître au perroquet. La présence fréquente de cet oiseau dans ses tableaux (ici sur la main gauche de la Vierge) a conduit Max. J. Friedländer. A forger ce nom de convention pour  un artiste anonyme  actif à Anvers durant la première moitié du XVIe siècle, proche de Pieter Coecke van Aelst et du maître dit des « demi-figures » Il est donc vraisemblable qu’une partie importante des tableaux classés sous le nom du « maître au perroquet » reviennent en réalité à Cornelis Bazelaere.
 
Celui-ci est mentionné comme maître dans les registres de la Guilde d'Anvers en 1523 comme maître. Cette corporation, fondée en 1382, a convervé ses registres de comptes et d'inscription des maîtres et élèves depuis 1453 à sa dissolution en 1720. Ces archives ont été publiées en néerlandais et en français par  Ph. Rombouts et Th. De Lerius, sous le titre de "De Liggeren en andere historische archieven der Antwerpsche Sint Lucasgilde - Les Liggeren et autres archives historiques de la Guilde anversoise de Saint Luc", de 1872 à 1876 (désormais consultables en ligne). Notre peintre y est cité à l'année 1523, dans le volume 2, page 103, comme "scildere" - c'est à dire maître peintre - et non comme apprenti (schilder en néerlandais signifie peintre).
 

Stylistiquement notre panneau est marqué par l'influence de Joos Van Cleve, l'un des principaux artistes d'Anvers travaillant entre 1510 et 1540, dont on retrouve ici le visage rond de la Madone. A côté de grands retables, Van Cleve a peint aussi de nombreuses petites Vierges à l'enfant où il introduit les gestes et la monumentalité de la Renaissance italienne ainsi que le modelé doux qui tire son origine du "sfumato" de Léonard de Vinci. Cette influence se perçoit  dans notre panneau. Par exemple, la position du bras droit de la Vierge est une lointaine dérivation de la Sainte Anne (musée du Louvre) de Léonard, et le drapé rouge aux plis marqués tire son ampleur du maître florentin. A l'inverse, les détails très naturalistes, comme les poires au premier plan, qui comptent parmi les premiers exemples de ce qui deviendra ensuite les "natures mortes", se rattachent à la tradition flamande réaliste du XVe siècle. On les trouve déjà chez Van Cleve. La composition peut être comparée à la Vierge à l’enfant dans un tableau du Maître au perroquet, conservé à la Galleria del Collegio Alberoni à Plaisance, avec un baldaquin  et un paysage au second plan. Une autre Vierge, très proche, était à la galerie P. De  Boer en Amsterdam en 1963 (36,5 x 28 cm). On peut envisager que, ici, le fond noir soit un repeint et cache aussi une vue d'extérieur ou un dais, dont on perçoit la trace en lumière rasante. Nous pouvons aussi penser que certains panneaux comme celui-ci ont été rognés à la partie inférieure, pour enlever la signature et les vendre comme des tableaux de Van Cleve, père ou fils : d'autres versions de cette composition sont passées en vente sous le nom de Cornelis van Cleve, le fils de Joos, né en 1520.
 
Selon l'inscription sur le parapet, la date est celle du 16 janvier 1547 (ou éventuellement 42), ce qui nous a incité à rendre le tableau et le groupe du maître au perroquet à Cornelis Bazelaere cité en 1523 avec cette orthographe précise, plutôt qu'à son fils Cornelis le jeune, lui aussi mentionné dans les 'liggeren" de la guilde de Saint-Luc, écrit "Baseler" en 1553. Notre peintre appartenait à une dynastie d'artistes, comme c'est souvent le cas à cette époque, car plusieurs autres artistes portent le nom Bazelaere, à la sonorité assez française (au seizième siècle, la région des Hauts-de-France appartient encore à la Flandre).
 
Signalons enfin que le perroquet est un des symboles de l’Immaculée Conception. Suivant les écrits médiévaux son plumage est toujours propre, les gouttes d’eau roulent dessus sans le mouiller, comme la Vierge n’est jamais souillée par les péchés. On entendait aussi dans son cri le mot « Ave » prononcé par l’ange Gabriel à Marie lors de l’Annonciation : Ave Maria.
L’oiseau est présent dans les peintures de Van Eyck (Vierge au chanoine van der Paele, Bruges), Memling, de Cranach…
Etude MUIZON-RIEUNIER                                                  Cabinet Eric TURQUIN 
Commissaires-priseurs                                                            Experts en Tableaux anciens


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Eric Turquin · 69, rue sainte anne · Paris 75002 · France

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